Torachiku (bambou-tigre) et terre
64 × 32 × 49,5 (h) cm
2025
Tomobako
Kyōsei – Godai Kokū (Symbiosis – Five Cosmic Elements) met en scène la rencontre du bambou et de la terre, deux matières dont les qualités semblent opposées : l’une souple, légère et vivante, l’autre dense, craquelée et minérale.
La terre utilisée par Tanabe Chikuunsai IV provient de l’île d’Awaji, qui occupe une place singulière dans la mythologie japonaise. Selon le Kojiki, le plus ancien récit historique et mythologique du Japon, Awaji serait la première île née de l’union des divinités créatrices Izanagi et Izanami. Par son origine, cette terre confère à l’œuvre une dimension symbolique supplémentaire, faisant écho aux mythes de la création de l’archipel japonais.
Le titre japonais fait explicitement référence aux Godai, les cinq grands éléments de la cosmologie bouddhique ésotérique japonaise : la terre (chi), l’eau (sui), le feu (ka), le vent (fū) et le vide (kū). Plus qu’une représentation de ces éléments, l’œuvre en suggère l’équilibre et l’interdépendance.
Le vide central, évocation du kū, organise la composition comme un espace de circulation, de transformation et de respiration.
À travers cette œuvre, Tanabe Chikuunsai IV donne une traduction sculpturale du concept de kyōsei, proposant une vision du monde où les éléments naturels ne s’opposent pas mais participent d’un même cycle de création, de métamorphose et de renaissance.