Oharame

#3008

Colporteuse d’Ohara
Rouleau, encre sur papier, montage sur soie
Sengai Gibon (1750-1837)
26 ×74 cm (31.5 x 162.5 cm)

もの思ふ 我にみばやせや 大原女の
都この人に 忍ばずるかな
MONOOMOU WAGAMI WA YASEYA OHARAME NO
MIYAKO NO HITO NI SINOBU URUKANA
(Texte établi par le professeur Sugimoto Hidetarō)
もの思ふ 我が身は やせや
大原めの
都この人に 忍夫売るかな
Moi, paysanne d’Ohara, à l’esprit dans l’affliction, au corps amaigri, je vais vendre aux gens de Kyōto ma souffrance / mes belles fougères
(Traduction réalisée par le professeur Akama 赤間 亮 教授)

Au-dessus des deux fagots, on remarque deux “tsurishinobi” : des polypodiacées, autrement dit des fougères ornementales au port retombant. En japonais “shinobu” signifie aussi : garder au fond du cœur, soupirer après, souffrir patiemment, et endurer. Il y a là un jeu de mots.
Selon le professeur Sugimoto Hidetarō il s’agirait d’un kyōka (狂歌) une “poésie folle” de Nakajima Sōin (1779(?)-1855), (中島棕隠), un poète lettré, confucianiste, originaire de Kyoto, qui a chanté Gion, le quartier des maisons de thé et des geishas, situé sur la rive est de la Kamogawa, dans le recueil ōtōshijizatsushi (鴨東四時雑詞おうとうしじざつし).
Ce courant littéraire se développa vers le milieu de la période Edo et connut un succès constant, donnant lieu à une grande production de qualité. Ce sont des pastiches de textes poétiques classiques, de peintures classiques, nés, au départ, au cours de réunions d’intellectuels cultivés, nourris de littérature classique chinoise et japonaise. Références cachées, humour décalé, culture lettrée, textes polysémiques…en sont les caractéristiques, bien loin de la bonne société d’Edo et de Kyōto.

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