Ko-tsuzumi

#3005

Tambour japonais et sa boîte de rangement en laque aux motifs de shishi et de pivoine avec, à l’intérieur du couvercle, l’image de Hotei (布袋)
Taka-makie, makie
Période Edo, 17ème-18ème siècle
Tambour : H : 25,4 cm – Diamètre: 10,1 cm
Membrane : diamètre 20,4 cm
Boîte de rangement : 28,7 x 23 x 23,4 cm

Ko-tsuzumi (鼓) est un tambour japonais aux origines chinoises et indiennes. Il se compose d’un corps en bois de cerisier en forme de sablier, de deux membranes en cuir de cheval et de cordes en soie qui peuvent être pressées ou libérées pour augmenter ou diminuer la tension des membranes. Ce système permet au joueur de relever ou d’abaisser la hauteur du tambour tout en jouant, un peu à la manière du tambour parlant africain.

Un soin particulier doit être apporté à cet instrument car les membranes doivent être exposés à l’humidité pour atteindre le timbre recherché. Avant de jouer le ko- tsuzumi, le musicien respire très près de la membrane qui sera frappée. Parfois, il utilise même un peu de salive et l’applique sur la membrane. La qualité du timbre dépend du niveau d’humidité de l’air du lieu où il est joué. Pour s’assurer que les membranes du tambour restent humides, le joueur respire sur le cuir pendant les temps de pose.

Le ko-tsuzumi joue à la fois dans les musiques du théâtre Nô et du Kabuki. Il est également utilisé dans la musique folklorique japonaise, minyō (民 謡). Le cuir de sa membrane sur la face visible présente une rainure circulaire appelée Kannyu qui forme une sorte de membrane annulaire dont les fréquences de vibration approchent des relations harmoniques extrêmement précises lorsque le rapport des deux rayons annulaires de la membrane est inférieur à 1,2.

Le motif de shishi-botan, en laque, est présent sur le corps du tambour et sur sa superbe boîte de rangement. Shishi-botan, littéralement lion-pivoine était un motif très populaire au Japon. Shishi était considéré comme le roi de tous les animaux, et la pivoine la reine de toutes les fleurs. Les motifs de shishi et de pivoine étaient appelés “shishi -botan” ou “karajishi-botan“. Depuis l’ancien temps, ils sont très souvent représentés ensemble. Ce concept est arrivé au Japon avec le bouddhisme. Selon une croyance la seule chose capable de tuer l’animal le plus fort, le shishi, était un insecte introduit dans son corps. Et la seule chose qui pouvait tuer cet insecte était la rosée d’une pivoine. Ce motif était chéri pour sa superbe et audacieuse combinaison symbolique.

L’intérieur du couvercle présente une superbe laque de Hotei, représenté avec un corps dodu et un grand sourire. Il donne l’impression d’être une personne au grand coeur. Il traverse un petit pont à la recherche d’un oiseau. La composition d’un saule, de l’oiseau et de Hotei est magnifique. Les lignes de l’arbre et du pont établissent un magnifique contraste avec les arrondis du corps de Hotei.

DEMANDER PLUS D'INFORMATION