Iizuka Rōkansai (1890-1958)

#3639

VENDU

Kakehanakago
Vannerie murale en bambou pour l’ikebana
Bambou hōbichiku
Signée: Rōkansai
Iizuka Rōkansai (1890-1958)
ca. 1955
H.15 cm – P. 12 cm – l. 15 cm
Tomobako, boîte d’origine signée par l’artiste
Hishi yotsume (tressage au carré)

Shime” 〆 est un caractère japonais particulier qui signifie “finition” ou “fixer”. Il est souvent utilisée pour sceller une lettre.

Sixième fils du maître-vannier Hōsai, Iizuka Rōkansai est né dans la préfecture de Tochigi sous le nom de Yanosuke et utilisa aussi le nom de Yuseki. Vers l’âge de 12 ans il commença à étudier l’art de la vannerie auprès de son père et développa rapidement une grande habileté pour celle-ci. Malgré le génie de Rōkansai, son frère aîné Hōsai II qui dirigeait le studio familial signait ses vanneries à sa place. Rōkansai rêvait de devenir peintre et étudia aux Beaux-arts où il pratiqua la calligraphie, étudia la sinologie, composa des haïkus et des poésies. Cette formation aux diverses pratiques artistiques explique le large éventail de créations dans ses vanneries.

Après avoir étudié les techniques de tressage de style karamono (chinois), il s’établit à Tokyo en 1910 comme artisan-vannier et commença à exposer ses œuvres basées sur les techniques de vanneries traditionnelles japonaises. Rōkansai fut un pionnier dans la vannerie moderne de bambou introduisant des techniques innovantes de tressage.

En 1922, sa vannerie pour l’ikebana appelée Zushi (Autel Bouddhiste) reçut la médaille d’argent pour l’Exposition du Mémorial de la Paix. Par la suite, il remporta de nombreuses récompenses. En 1926, il participa à la formation du groupe Nihon Kōgei Bijutsukai, puis en 1931 il participa aux expositions du Teiten, et fut récompensé par le prix Tokusen en 1932. Après la Seconde Guerre Mondiale, il devint membre permanent du jury, conseiller des expositions du Nitten, directeur du groupe Nihon Kōgeikai puis président du Nihon Chikukōgeika Kyōkai. Rōkansai influença de nombreux artistes et éleva la vannerie de bambou au rang d’art.

En 1933, l’architecte du Bauhaus Bruno Taut visita Rōkansai et déclara « Au Japon, il y a Tanabe Chikuunsai à l’ouest et Iizuka Rōkansai à l’est ». Il proclama l’œuvre de Rōkansai résolument «moderne». Rōkansai fréquenta de nombreux artistes connus comme le laqueur Matsuda Gonroku , le céramiste Itaya Hazan et des calligraphes reconnus.
Au-delà de l’innovation formelle, Rōkansai fut l’artiste qui intellectualisa le plus l’art de la vannerie. Le temps est très présent dans son œuvre: les douze mois de l’année se retrouvent dans ses motifs de tressage et les ondulations du bambou font écho à la mer. Ses œuvres expriment un regard contemplatif sur le temps qui passe. Poète vannier et virtuose des techniques, Rōkansai influence toujours l’art de la vannerie. Ses œuvres sont présentes dans de nombreuses collections publiques, notamment le Museum of Modern Art de Tokyo, le musée Idemitsu, le Museum of Fine Arts de Boston, le Minneapolis Institute of Art, l’Asian Art Museum – Lloyd Cotsen Japanese Bamboo Basket Collection (San Francisco), le Denver Art Museum, le Herbert F. Johnson Museum of Art de New York, le musée d’Art Moderne de Buenos Aires, le MOA (Atami, Japon), le Komagata Jukichi Memorial Museum (Japon), le Tochigi Prefectural Art Museum (Japon), etc. ;
En France seul le Centre Pompidou exposa une vannerie de Rōkansai en 1996 dans le cadre de l’exposition Design Japonais 1950-1995.

Rōkansai est considéré comme le plus grand artiste vannier de l’histoire.

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