Hatsuyume, Ichi-Fuji Ni-Taka San-Nasubi

AUBE-18

VENDU

Hatsuyume, Ichi-Fuji Ni-Taka San-Nasubi
Rouleau, encre sur papier, monté sur soie
Hakuin Ekaku (1685-1769)
Période Edo, XVIIIe siècle
H. 58 cm (22,8 in) – Largeur. 31,5 cm (12,4 in)
H. 106 cm (41 ¾ in) – Largeur. 71 cm (28 in)

Hakuin Ekaku était un célèbre moine Zen de la secte Rinzai. Il est dit qu’il joua un rôle important dans le revitalisation de la secte, et il est un des moines majeurs du Zen. Il naquit et grandit dans le village de Hara, aujourd’hui dans la préfecture de Shizuoka, d’où l’on peut voir le Mont Fuji. Pendant quarante ans, il fut l’abbé du temple Shōin-ji situé dans ce même village. Il était donc inévitable que ce volcan dont il fit de nombreuses peintures soit l’un de ses sujets de prédilection.

Pour cette œuvre il reprit le thème du «hatsuyume» (le premier rêve de l’année), y ajouta un poème et une dédicace. Pendant la période Edo il était considéré comme de très bon augure de rêver du Mont Fuji, d’un faucon et d’une aubergine. Plusieurs théories expliquent cette croyance dont l’une suggère que cette combinaison porte bonheur : le Fuji est la plus haute montagne du Japon, le faucon est un oiseau intelligent et puissant et le mot japonais pour aubergine (nasu ou nasubi) ressemble à celui qui veut dire «accomplir de grandes choses» (nasu 成す). Cette association est devenue un proverbe qui prendrait son origine dans la région où vécut Hakuin.

初夢や
一富士 二鷹 三なすび
Hatsuyume ya
Ichi-Fuji Ni-taka San-Nasubi
Le premier rêve de la nouvelle année
En premier le Mont Fuji, en second le faucon, et en troisième l’aubergine.

Le trait est assez simple. Le Fuji est peint d’un seul coup de pinceau. Le faucon est représenté par deux plumes se croisant. Les trois aubergines sont dodues, l’une d’elles est blanche. Une dédicace quelque peu érotique accompagne la peinture du Fuji.

おふじさん
霞の小袖 ぬがしやんせ
雪のはだへが
見度ふござんす
Ofujisan
Kasumi no kosode
Nugashiyanse
Yuki no hadahega
Mitofugozansu
Quitte ta robe
De brouillard ô demoiselle Fuji
Je veux voir ta peau de neige

Hakuin fait là un parallèle entre le Fuji enneigé et une femme à la peau pale. Cette comparaison semble humoristique et même un rien vulgaire au premier abord, mais il a probablement voulu faire une analogie qui permettrait à ceux qui regardent son lavis à l’encre noir de saisir un sens profond derrière une apparence extérieure. Il utilisa cette dédicace pour un grand nombre de ses peintures du Fuji. Une autre œuvre d’Hakuin sur ce même sujet est exposée au Musée Eisei-Bunko de Tokyo.

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