25. Ishi & Nyoi

#2779

Tomioka Tessai (Kyoto 1837-1924)
Encre sur papier, montage sur soie, tomobako
143,8 x 40 cm (217 x 55,8 cm)

Tomioka Tessai est l’un des derniers grands peintres de la tradition chinoise des lettrés au Japon. Fils d’un marchand de vêtements canoniques, il étudie le confucianisme et les écritures bouddhiques, puis les Etudes nationales (Kokugaku) auprès de Ōkuni Takamasa (1793-1871), un ardent partisan de la restauration impériale et de la prééminence du shintō. Simultanément, Tessai apprend la poésie et les classiques chinois, et fréquente la poétesse-nonne Ōtagaki Rengetsu qui l’initie à l’art.
Avec la restauration de l’Empereur Meiji, et à la faveur de la naissance du shintoïsme d’Etat, Tessai devient « fonctionnaire des dieux » (shinkan) au sanctuaire Isonokami-jingū (Nara), puis au Ōtori-taisha (Osaka). Il s’installe finalement à Kyoto et passe la plupart de son temps à étudier et à peindre, devenant une figure de proue du mouvement pictural nan-ga (littéralement « peinture du Sud »), aussi appelé bunji-ga (« peinture de lettrés »). Pendant plus de soixante années, Tessai ne cessera de peindre laissant à la postérité entre dix et vingt mille œuvres, dont plus d’un millier sont conservées au temple Kiyoshikôjin Seichô-ji (actuelle préfecture de Hyōgo).
En 1897, il fonde l’Association de la peinture des lettrés du Japon (Nihon nan-ga kyōkai) et en 1917 est admis à l’Académie impériale des Arts (Teishitsu gigei-in). Sans jamais abandonner les principes de la peinture chinoise, alliant une calligraphie et un motif paysagé ou représentant un élément de la nature, il introduit de violentes distorsions qui donnent un sentiment de grande liberté. C’est le cas dans cette puissante peinture représentant un rocher de lettré et un double champignon d’immortalité reishi (en chinois lingzhi). Comme dans la plupart des œuvres de Tessai, ces deux motifs chers aux lettrés chinois et japonais sont accompagnés d’une dédicace.

Sur la boîte : dédicace par Tessai
« J’ai peint cette toile en Taishō 4 (1915). J’ai choisi ce jour de chance pour peindre, et j’ai représenté une pierre et appliqué mes tampons. Je pense qu’étant maintenant âgé de 80 ans, je n’avais pas besoin de recourir à la technique pour peindre cette toile. » Tessai

Sur la toile : dédicace par Tessai
« Cette pierre possède la solennité de son propre silence. Sa forme est étrange mais c’est ainsi qu’elle devait être. Si nous détenons la vérité et si nous nous sentons en paix, tout est bien et nous n’avons pas besoin d’un monument pour célébrer la longévité. »
« Ici, j’ai posé un poème de Geigenro selon Chinrōren. Taishō 4, en mars. Tessai »
Geigenro (1593-1644) est un célèbre lettré et politicien chinois de la fin de la dynastie Ming. Chinrōren est un autre nom de Wang Hui (1632-1717) l’un des quatre plus importants peintres chinois de cette époque, les Quatre Wang.

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